۱۳۸۹ آبان ۲, یکشنبه

خبرگزاري فرانسه فرانسه: آخرين اداي احترام به الهه مرضيه، صداي مقاومت عليه ملاها – رپرتاژ

روز 18 اكتبر 2010 ساعت 1851

فرانسه – ايران – اپوزيسيون – موسيقي – جهان- خبرگزاري فرانسه

از دبورا پاسمانتيه

اور سور اوآز – 18 اكتبر 2010 – خبرگزاري فرانسه – وي كه با ترانه هاي عاشقانه و عرفاني روي صحنه آمد، در حاليكه تبديل به صداي مقاومت عليه ملاها شده بود، از دنيا رفت. الهه ايراني مرضيه، كه هفته گذشته در سن 86 سالگي درگذشت، دوشنبه از جانب يارانش در مبارزه كه در تبعيد هستند، در نزديكي پاريس آخرين اداي احترام را دريافت كرد.

«داستان بانوي عصيانگري كه ترانه هاي مردميش سوگند “دلهاي خستة خسته‌دلان” بود و صداي عواطف به بندكشيده شده و رنجهاي اقشار ستمديده مردم ايران، داستان هنرمندي شورشي عليه ”بيداد زمان” بود».

روسري سبزي بر سر و چهره اي گرفته، مريم رجوي، رئيس جمهور اصلي ترين جنبش ايراني اپوزيسيون در تبعيد، شوراي ملي مقاومت ايران كه مجاهدين خلق اصلي ترين تشكيل دهنده آن هستند، با كسي كه همه هنر خود را در خدمت مبارزه اش قرار داده بود، براي آخرين بار وداع ميكند.

در گورستان شهر كوچك اور سور اواز، محل مقر جنبش، در حومه پاريس، مرضيه كه نامه اصليش اشرف السادات مرتضايي بود، به خاك سپرده شد. صدها ايراني در تبعيد اينجا هستند، از همه نسلها، با لباسهاي سنتي و يا معاصر، از اور و از مكانهاي ديگر در اروپا با گل رزي در دست آمده اند. ....

چه بطور خصوصي و چه بطور علني در اين گراميداشت، هر كس از سرنوشت باور نكردني زني صحبت ميكند كه در 1924 در تهران در يك خانواده روشنفكر متولد شد و تبديل به الهه اي شد كه بعد از سرنگوني شاه در 1979 محدود به سكوت گرديد و در نهايت در سن هفتاد سالگي تصميم گرفت به مخالفين رژيم ايران بپيوندند.

وي كه در سن 18سالگي روي صحنه آمد، ابتدا ترانه هاي عاشقانه و شاعران پارسي را ميخواند، و موسيقي عرفاني و ترانه هاي مدرن را با هم تركيب ميكند. خيلي زود از استقبال وسيعي در سالهاي 60 و 70 برخوردار ميشود و يك برنامه روزانه در راديو به او اختصاص ميگيرد.

بدري پورطباخ دستيار وي به خبرگزاري فرانسه ميگويد: «او مطرح ترين خواننده در ايران بود مثل ام كلثوم براي اعراب. در آن زمان فعاليت سياسي نداشت ولي ضد ديكتاتوري بود. او به مبارزه زنان علاقمند بود و معتقد بود كه رهايي مردان ابتدا از رهايي زنان عبور ميكند».

بعد از انقلاب اسلامي، زندگي مرضيه تغيير ميكند. مرضيه حاضر نمي شود كه «تنها» در مقابل زنان بخواند و ديگر نمي خواهد مثل قبل كنسرت اجرا كند و تصميم ميگيرد كه به دهكده خودش لالون واقع در شمال تهران برود. دستيارش ادامه ميدهد: «او در آنجا دور از رژيم زندگي ميكرد. او اجازه نداد كه از او استفاده كنند. پانزده سال آواز نخواند، اين يك اقدام سياسي بود».

مرضيه گفته بود «ملاها صداي عشق و احساسات انساني را خفه كردند. آنها لبخند را در سرزمين من به زندان انداختند».

بعد از يك ديدار با مريم رجوي كه جنبش او خواستار يك ايران دمكراتيك است، اما ايالات متحده آن را در ليست سازمانهاي تروريستي قرار داده است، مرضيه در 1994 از ايران خارج ميشود.

گيسو شاكري يك خواننده ايراني 56ساله كه از سوئد براي تشييع آمده است ميگويد: «او صدايي قوي داشت و از آن براي مبارزه عليه ملاها استفاده كرد. او صداي مقاومت بود».

چه بر روي يك تانك و چه در سالنهاي كنسرت لس آنجلس و يا پاريس، مرضيه خسته ناپذير و متعهد روي صحنه مي آيد.

قبل از اينكه ترانه هاي قدرتمند مرضيه پخش شود، آيت الله جلال گنجه اي بعد از نماز شهادت ميدهد كه «تا آخرين دقيقه شما در مبارزه عليه رژيم ملاها قدرتمندانه باقي مانديد».

France: dernier hommage à la diva Marzieh, voix de la résistance aux mollahs - Prev, Reportage

10/18/2010 18:51 - FRANCE-IRAN-OPPOSITION-MUSIQUE - Monde (MOA) - AFP

=(Photo)=

Par Deborah PASMANTIER

AUVERS-SUR-OISE, 18 octobre 2010 (AFP) - Née à la scène en chantant l'amour et la mystique, elle est morte en voix de la résistance aux mollahs. La diva iranienne Marzieh, décédée à 86 ans la semaine dernière, a reçu lundi un dernier hommage de ses compagnons de lutte en exil près de Paris.

"C'est l'histoire d'une femme rebelle dont les chansons populaires ont été le serment des coeurs las et la voix des passions enchaînées et des douleurs de la nation opprimée d'Iran. C'est l'histoire d'une artiste sans repos s'insurgeant contre la tyrannie de notre temps".

Foulard vert, visage tendu, Maryam Radjavi, présidente du principal mouvement iranien d'opposition en exil, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), dont les Moudjahidine du peuple sont la principale composante, fait son adieu à celle qui avait mis son talent au service de son combat.

Dans le cimetière de la petite ville d'Auvers-sur-Oise, siège du mouvement en banlieue parisienne, Marzieh, de son vrai nom Achraf Al-Sadat Mortezaï, vient d'être inhumée. Des centaines d'Iraniens en exil sont là, de toutes générations, vêtus de style traditionnel ou contemporain, venus d'Auvers ou d'ailleurs en Europe, une rose à la main.

"C'est comme ma mère. Toutes les choses heureuses de mon enfance, je les retrouve dans Marzieh. Elle représente toutes les joies, toute la nostalgie de notre culture, tout ce que nous avons de cher et qu'à cause des mollahs nous avons perdu", a confié à l'AFP Farideh Karimi, 48 ans dont 20 en exil, responsable d'une association.

Les hommages privés ou publics racontent chacun un peu du destin incroyable de cette femme née en 1924 à Téhéran dans une famille éclairée, qui devient diva avant d'être réduite au silence à la chute du shah en 1979 et qui a fini par choisir l'exil à 70 ans pour rejoindre les opposants au régime iranien.

Montée sur scène à l'âge de 18 ans, elle chante d'abord l'amour et les poètes persans, alternant musique mystique et chants modernes. Vite, elle connaît un vif succès dans les années 60-70, où elle a sa propre émission quotidienne à la radio.

"C'était la chanteuse la plus en vue d'Iran, comme Oum Kalsoum pour les Arabes", raconte à l'AFP son assistante Badri Pourtabakh. "A l'époque, elle n'était pas politisée mais elle était contre la dictature. Elle s'intéressait à la cause féminine: elle pensait que l'émancipation des hommes passe par l'émancipation des femmes".

Avec la révolution islamique, sa vie bascule. Marzieh, qui refuse de ne chanter "que" devant des femmes et ne peut plus se produire comme avant, préfère s'éloigner dans son village de Laloune, au nord de Téhéran. "Elle vivait là-bas, loin du régime, elle refusait d'être récupérée. Quinze ans sans chanter, c'était un acte politique", poursuit son assistante.

"Les mollahs ont étouffé la voix de l'amour et des sentiments humains. Ils ont jeté en prison (...) le sourire de ma terre natale", avait expliqué la chanteuse.

C'est en 1994 que Marzieh quitte son pays, après une rencontre avec Maryam Radjavi dont le mouvement réclame un Iran démocratique mais est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis. Qu'elle s'engage avec les Moudjahidine du peuple avec qui elle passera six ans dans leur camp d'Achraf, au nord de Bagdad. Et qu'elle recommence à chanter.

"Elle avait une voix puissante et elle l'a utilisée pour s'élever contre les mollahs. Elle était la voix de la résistance", dit Gisso Shakeri, chanteuse iranienne en exil de 56 ans venue de Suède pour les obsèques.

Sur un char à Achraf ou dans les salles de concert à Los Angeles ou Paris, Marzieh remonte sur scène, inlassable et engagée.

"Jusqu'à la dernière minute vous êtes restée forte dans la lutte contre le régime des mollahs", s'incline après la prière l'ayatollah Jalal Ganjei avant que ne résonnent ses chants puissants.

dp/thm


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